1958 La photographie est pour lui une révélation. Il la découvre sur la plage de Zeebrugge, s’emparant de la boîte kodak familiale. Fasciné dès cette époque, tout d’abord par le fonctionnement de l’appareil, puis par l’image photographique capable de « dupliquer le réel ».
1962 Il commence à photographier, s’appropriant les alentours de la maison de Liège.
1965 Il devient l’apprenti de Jean Colas, photographe spécialisé dans la photographie industrielle, dont l’objectif est de reproduire très exactement des meubles et des vitrines ordonnancés. Il est initié à l’observation du réel et à la mise en scène.
1966 Il rencontre au printemps, par l’intermédiaire d’un cousin, le photographe Jean-pierre Leloir dont il devient l’assistant avec qu’il travaillera jusqu’en 1970. Il travaille alors pour Rock & Folk, Jazz Hot et Jazz Magazine.
1968 Il part au Maroc pour une durée d’un mois afin d’y accomplir un travail photographique en toute liberté. De retour à Paris, il sélectionne 150 photographies, parmi les 2000 prises de vues effectuées sur place, en vue d’être publiées. Sa démarche échoue, le travail réalisé n’est pas pittoresque et l’altérité, n’est, alors, pas en vogue. Au bout de quelques mois, il abandonne la photographie, enterrant le photographe qui ne réapparaîtra qu’en 2000.
1971 – 1982 Années d’apprentissage, de formation, de vie active éloignées de sa première vocation.
1982 – 2000 Il acquiert les Editions du Cercle d’Art. Le virus de la capture photographique le reprend au tournant de l’an 2000. Il fait l’acquisition d’un Hasselblad. Mais la photographie telle qu’il l’envisageait dans les années 1960 a évolué. Le réel ne suffit plus. Tout recommence avec des lieux, notamment de mémoire, dont il captera l’atmosphère, voir - pour certains - la dramaturgie sous-jacente. Bang Hai Ja, peintre coréenne établie en France, l’invite à découvrir la Montagne des 10 000 Bouddhas, située au sud-est de la Corée, entièrement sculptée de Bouddhas, soit en pied, soit en relief. Le premier voyage date d’avril 2000.
2001 – 2002 Second voyage en Corée. Il photographie la montagne, ses sculptures ancestrales. Un livre paraît en 2002. Philippe Monsel prend alors le pseudo d’Antoine Stéphanie, prénoms de ses deux enfants. De septembre 2001 à avril 2002, puis en mars et juillet 2002, il intervient à cinq reprise dans le Petit Palais, juste avant le programme de réaménagement. Il photographie le Mont Ventoux, en 2002, inaugurant une série intitulée Regarder la montagne.
2003 L’usine Renault de Boulogne-Billancourt couronne magistralement son travail, « Résistance de l’architecture ». Philippe Monsel photographie la cathédrale industrielle le 5 février et le 2 avril. Un livre intitulé Billancourt est édité la même année. En photographiant, la Montagne Sainte-Victoire, il poursuit son travail pour la série Regarder la montagne.
En parallèle, l’humain réinvestit le champ photographique. En posant à nouveau son regard sur le monde, il réalise à quel point tout à changé. La figure de la jeune femme incarne pour lui le portrait, l’essence de ce « nouveau monde ». Il s’intéresse, comme il dit lui-même, à l’ontologie féminine. La série des Choréphotographie lui permettra de saisir un moment de pure liberté féminine, qui s’exprime à travers les mouvements totalement improvisés du corps devant l’objectif.
2004 Du 27 mai au 26 juin, il expose des tirages de la série Billancourt (22 au total) à la galerie Bruno Delarue, dans le 3e arrondissement. Dans le prolongement du travail effectué pour les choréphotographies, Philippe Monsel, met en scène la féminité, cette fois, dans l’intimité du quotidien. La série s’intitule Mascarades.
2005 22 tirages de Billancourt sont présentés au musée de la Mine de Saint-Etienne, du 26 novembre au 1er mars 2006. En novembre la série est à nouveau exposée au théâtre 71, scène de Malakoff (19 tirages).
2006 Philippe Monsel repart au Maroc. Trente-huit ans plus tard, il renoue avec une destination qui semblait avoir scellé son destin. Cette année-là, en marge des documentaires consacrés aux artistes vivants, il réalise des films qui immortalisent des images de notre monde, anodines, triviales, destinées peut-être à être versées pour la mémoire de notre civilisation. Dans cette perspective, la série photographique des vanités alimente régulièrement le corpus de l’œuvre.
2007 Il produit l’une de ses premières vidéos Altitudes.
2009 Le site Samedi Rouge est créé à la fin de l’année. Le titre fait référence à un épisode de son enfance. Il réalise l’installation vidéo et photographique intitulée Route sur laquelle il travaillera deux ans. Billancourt est présenté à la médiathèque de Lorient du 25 octobre au 29 novembre.
2011 Il produit Venise, installation vidéo de 9 écrans juxtaposés. Partant une fois encore du réel et de la trivialité de gestes caractéristiques liés au transport dans la ville, notamment le vaporetto, insiste sur la répétition lancinante des sons et des gestes, l’écho mémorable de la ville se dessine lentement à travers les reflets de l’Adriatique.