Choisir Rabat, c’était bien sûr refuser le Maroc
touristique en tournant le dos à cette
« photographie orientaliste qui avait exorbité
la différence des choses et des figures ».
Bien au contraire, remarquait Abelkhebir Khatibi,
« notre photographe se déplace dans ces villes
sans passion surajoutée, sans hystérie ».
Il ne s’agit pas ici de recréer un Maroc « exotique »
mais de restituer, en s’approchant physiquement
au plus près de nos contemporains qui y vivent
et l’habitent, une vision du Maroc actuel qui superpose
les temporalités, le chantier et le monument historique,
le vêtement traditionnel et le survêtement Nike,
l’éphémère et l’immuable.
Très jeune assistant de Jean-Pierre Leloir dans les années 60,
Philippe Monsel a commencé par photographier bluesmen, jazzmen, musiciens classiques ou stars du rock.
En 1982, il succède à Charles Feld à la tête des Éditions Cercle d’Art
qui ont publié jusqu’à ce jour sous sa direction plus de 800 titres.
Il a parallèlement poursuivi, sous le pseudonyme désormais abandonné d'Antoine Stéphani, son parcours de photographe.
Depuis 2009, ce cheminement dans l’art aux côtés des artistes a trouvé de nouveaux développements à travers la réalisation de films. Sachant demeurer médiateur discret puisque sans jamais s'interposer entre le créateur et l'œuvre, il donne néanmoins à voir ce qu'il perçoit du parcours de l'artiste au plus près de ce que fait, de ce que dit aussi bien que de ce que tait ce dernier.
Persuadé que les artistes ont toujours été les plus aptes à lire le contemporain du monde de leur temps, accueillant à leurs recherches
et curieux de leur travail, Philippe Monsel n'a jamais cessé d'agir en interprète de leurs créations, même s’il explore par ailleurs
des thématiques personnelles.