Ce qui peut unir une usine et un lieu de culture ?
Le même regard, porté sur leurs architectures respectives
dans cet entre-deux, dans ce moment suspendu
où dépouillées de leurs oripeaux historiques
elles sont désertées par ceux qui les ont occupées…
et qui les donne à voir comme des lieux étranges,
presque inquiétants. Quoique vouée à la disparition définitive,
l’usine respire encore du souffle des foules d’ouvriers
et résonne toujours du bruit des machines tandis
que les salles vides du Petit Palais « d’origine »,
sur le point de disparaître à nouveau derrière d’autres
mises en scène muséales, s’animent des sculptures
pourtant momentanément absentes.
Très jeune assistant de Jean-Pierre Leloir dans les années 60,
Philippe Monsel a commencé par photographier bluesmen, jazzmen, musiciens classiques ou stars du rock.
En 1982, il succède à Charles Feld à la tête des Éditions Cercle d’Art
qui ont publié jusqu’à ce jour sous sa direction plus de 800 titres.
Il a parallèlement poursuivi, sous le pseudonyme désormais abandonné d'Antoine Stéphani, son parcours de photographe.
Depuis 2009, ce cheminement dans l’art aux côtés des artistes a trouvé de nouveaux développements à travers la réalisation de films. Sachant demeurer médiateur discret puisque sans jamais s'interposer entre le créateur et l'œuvre, il donne néanmoins à voir ce qu'il perçoit du parcours de l'artiste au plus près de ce que fait, de ce que dit aussi bien que de ce que tait ce dernier.
Persuadé que les artistes ont toujours été les plus aptes à lire le contemporain du monde de leur temps, accueillant à leurs recherches
et curieux de leur travail, Philippe Monsel n'a jamais cessé d'agir en interprète de leurs créations, même s’il explore par ailleurs
des thématiques personnelles.